La semaine qui vient de s’écouler restera gravée comme l’une des plus volatiles de ce début d’année 2026. Après l’onde de choc provoquée par les frappes en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, le climat géopolitique entre dans une phase de transition incertaine. 

Les déclarations récentes du président américain, suggérant une possible accélération du calendrier diplomatique et une volonté de sécuriser les routes maritimes via l’escorte de la Navy, ont offert une bouffée d’oxygène inattendue aux marchés financiers. Pendant ce temps, la France déploie une très large partie de sa flotte maritime, dans l’objectif de sécuriser la région et protéger ses partenaires.

Malgré certaines lueurs d’espoirs, le baril de Brent, qui a dépassé les 100 dollars de manière franche en début de semaine dernière, a entamé un repli marqué pour stabiliser autour des 90 dollars en ce moment même. Si cette détente soulage temporairement les craintes inflationnistes, elle ne dissipe pas totalement le brouillard macroéconomique. 

Le risque est clair : un détroit fermé trop longtemps, ce qui occasionnerait une rupture complète des chaînes d’approvisionnement, au risque d’augmenter les coûts de production et d’alimenter l’inflation, notamment dans la zone euro. Le risque de stagflation n’est pas à écarter en combinant cela à un ralentissement de la croissance. Par exemple, en France, la croissance du Q4 2025 fut de 0,2 %.

Le marché des cryptomonnaies a absorbé ce pivot avec une résilience plutôt remarquable, amorçant un rebond technique après avoir testé des supports critiques. Cela pèse sur la psychologie des investisseurs, ces derniers faisant preuve de prudence, avec l’espoir d’une résolution des conflits actuels au Moyen-Orient, ou du moins, un apaisement sur le court terme.

Altcoins et DeFi : une domination du Bitcoin qui étouffe la reprise

Malgré l’amélioration du sentiment global, le marché des altcoins peine à s’affranchir de la pesanteur imposée par le Bitcoin. La capitalisation totale hors Bitcoin (TOTAL2) et hors Ethereum (TOTAL3) montrent des signes de stagnation évidents. Dans ce contexte de tensions, la liquidité a tendance à se concentrer sur les actifs les plus profonds, laissant les projets de moyenne capitalisation dans une phase de latéralisation.

Les données autour de la domination du Bitcoin (BTC.D) montre bien cette tendance : le cours reste sur des sommets, attirant de manière conséquente la liquidité des différents projets.

Du côté de la finance décentralisée (DeFi), le paysage de 2026 est désormais structuré par une narrative dominante qui est la tokenisation des actifs du monde réel (RWA). 

Ce ne sont plus les protocoles purement spéculatifs qui portent la TVL (valeur totale verrouillée), mais l’intégration massive de bons du trésor et de dettes d’entreprises sur la blockchain. 

Si la capitalisation globale de la DeFi résiste, c’est grâce à cette « institutionnalisation » du secteur, couplée à la croissance prolongée des stablecoins. Les investisseurs délaissent les rendements éphémères pour des produits générateurs de rendement stable (yield-bearing), souvent adossés à des stablecoins de nouvelle génération. 

Pour les altcoins classiques, le rebond passera probablement par une stabilisation durable de BTC, condition sine qua non pour espérer un retour de la liquidité sur l’ensemble de l’écosystème et un retour de l’intérêt des particuliers.

Bitcoin : le combat pour les 70 000 $ fait rage

Le Bitcoin continue de jouer son rôle de pivot central de l’écosystème. Après avoir brièvement chuté à 60 000 dollars au plus fort des tensions militaires, le cours a repris des couleurs pour s’échanger aujourd’hui autour des 70 000 dollars en ce moment même.

Ce rebond montre que la demande reste présente, portée notamment par des flux entrants vers les ETF au comptant, globalement positifs sur ces derniers jours.

Techniquement, la situation est limpide mais tendue. Le Bitcoin fait face à une zone de résistance majeure située autour des 70 000/73 000 dollars. Tant que ce plafond de verre n’est pas franchi avec du volume, le risque d’un retour vers les zones inférieures reste d’actualité.

Durant les prochaines semaines, il faudra observer si le BTC peut transformer cette reprise technique en une véritable tendance haussière. La corrélation avec l’or s’est renforcée durant la crise iranienne, renforçant l’image du bitcoin comme un or numérique. Cependant, la sensibilité persistante du BTC aux annonces de la FED nous rappelle qu’il reste, aux yeux de beaucoup, un actif de croissance technologique avant tout.

Avalanche (AVAX) : que reste-t-il de ce L1 historique du précédent bullrun ?

Parmi les grands Layer 1 de l’industrie, Avalanche occupe une place historique, mais en difficulté ce mois de mars 2026. L’écosystème traverse une phase de déconnexion flagrante entre ses avancées techniques et la performance de son jeton.

AVAX oscille depuis plusieurs semaines sous les 10 dollars. Pour autant, malgré la faiblesse du cours, le réseau reste plutôt solide. Le déploiement de la mise à jour granite en fin d’année 2025 a permis d’accélérer la vitesse des transactions tout en réduisant les coûts.

En parallèle, les institutionnels portent un intérêt pour cet écosystème, porté par le récent déploiement de plus de 2 milliards de dollars de RWA par la plateforme Progmat.

Malgré l’évolution des fondamentaux qui tendent à une maturité technologique, la situation du cours est bien trop fragile, témoignant du désintérêt du secteur pour des projets alternatifs. Alors que AVAX se trouvait à plus de 35 dollars en fin d’année 2025, la situation a évolué en faveur des vendeurs. 

En se situant sur les niveaux de 2023, le cours parviendra à rebondir. Aucun signe ne table en faveur d’un tel scénario, au contraire. Un retour vers les 5 dollars pourrait survenir plus tôt que prévu. Ce cas témoigne de la fragilité généralisée des altcoins dans un marché plus mature, plus complexe et orienté principalement vers bitcoin.

Jurgen

Jeune passionné des marchés financiers et particulièrement du monde de la cryptomonnaie, l'analyse technique et l'apprentissage font partie de ma routine pour créer du contenu abordable à tous.