Alors que les semaines s’alternent entre une tendance à la hausse et une tendance baissière, la dynamique de fond reste la même : la très grande majorité des cryptomonnaies évoluent sous leurs résistances respectives.
La semaine dernière, la FED a annoncé une nouvelle baisse de taux de 0,25 bps. La dernière pour 2025. Après avoir mis un terme au QT et ayant amorcé 40 milliards de dollars de rachats de bons dons du trésor, cela est un premier pas, progressif, en faveur d’un QE qui devrait revenir d’ici l’année 2026.
Parallèlement, l’actualité institutionnelle continue de s’étoffer au sein de l’industrie Web3. À la mi-décembre, la grande banque américaine JPMorgan a lancé un fonds monétaire tokenisé (MONY), amorcé avec 100 millions de dollars, sur Ethereum, souscriptible en cash ou en USDC. De l’autre côté du globe, à Hong Kong, la plateforme crypto HashKey Holdings doit démarrer sa cotation le 17 décembre, symbole d’un marché qui se professionnalise malgré la volatilité.
D’ici la fin d’année, il ne devrait pas y avoir de changements majeurs, que ce soit du côté des institutionnels ou on-chain. En ce sens, les yeux sont désormais rivés sur les catalyseurs majeurs de 2026, la crainte principale qui en ressort est la personne qui sera à la tête de la FED. Kevin Warsh ou Kevin Hassett ?
Deux profils privilégiés avec une vision portant respectivement sur la lutte contre l’inflation pour Warsh, et la dynamique pro-croissance pour Hassett. Pendant ce temps, le marché crypto évolue dans le rouge. Quelles conclusions tirer de la situation actuelle à l’approche de la fin d’année ?
La capitalisation totale du marché parvient à défendre son support

La capitalisation totale des cryptomonnaies oscille autour de 2 900 milliards de dollars avec une baisse de 0.5 % sur ces dernières heures. Avec un volume quotidien de 135 milliards de dollars, cela reflète une rotation progressive vers des actifs plus liquides.
Notons néanmoins que la structure de la capitalisation du marché crypto est bien plus mature que les cycles précédents, maintenue par la dominance du bitcoin qui s’approche des 57 %, ce qui est la preuve d’un mouvement de refuge après une sortie des actifs à risque. Cela se retranscrit également avec les stablecoins qui pèsent environ 314 milliards de dollars à ce jour. idéal pour alimenter les usages institutionnels et permettre au marché de gagner en crédibilité.
La correction de ces derniers jours efface aussi une partie de la prime accumulée plus tôt. Alors que des rapports tablaient sur une capitalisation totale autour de 4 000 milliards de dollars à la fin du Q3 2025, le retour sous les 3 000 milliards de dollars illustre la sensibilité aux conditions financières globales.
Aux portes du support à 2 890 milliards de dollars, un passage sous cette zone ouvrira la voie aux 2 500 milliards de dollars.
Bitcoin accélère sa baisse et fragilise ses supports techniques

Avec une capitalisation proche des 1 720 milliards de dollars, le bitcoin reste le baromètre du marché crypto. En se retrouvant à 32 % sous le sommet d’octobre dernier réactive l’idée d’un retracement vers des zones psychologiques. Tant que les 100 000 dollars ne sont pas reconquis durablement, la zone 88 000–90 000 dollars peut agir comme le dernier support avant une nouvelle chute.
L’hypothèse d’un passage vers les 80 000 dollars, puis d’un test de 70 000 dollars, dépend surtout de la situation macroéconomique et des flux financiers. Les anticipations de baisse de taux se sont ralenties pour 2026, ce qui pèse sur les actifs risqués.
Côté institutionnels, les ETF bitcoin au comptant ont alterné entre des entrées et des sorties depuis le début du mois de décembre, ce qui réduit l’effet stabilisateur d’une tendance haussière maintenant dans le temps.
Un contrepoids existe : les acheteurs à long terme profitent de la baisse. par exemple, l’entreprise Strategy a encore acquis 10 645 BTC pour près d’un milliard de dollars, à un prix moyen d’environ 92 098 dollars, avec un prix global en DCA à hauteur 74 972 dollars.
Bien que cela ne soit pas assuré, ces achats rendent plus crédible une demande structurelle autour de 70 000–75 000 dollars si la volatilité s’intensifie. Idéal pour que les acteurs institutionnels se lancent dans l’aventure malgré les craintes autour de MSCI.
Oscillant autour des 86 000 dollars, une sortie à la baisse du range est en cours, ce qui ne présage clairement rien de bon pour le secteur.
LINK en sous-performance malgré des catalyseurs institutionnels

Chainlink (LINK) évolue autour des 12,7 dollars avec une capitalisation estimée à environ 7,5 milliards d’euros. Comme beaucoup d’altcoins, LINK subit la hausse de l’aversion au risque : lorsque le bitcoin décroche, les flux se raréfient, même pour des projets essentiels à l’infrastructure DeFi.
Mais l’actualité récente soutient la thèse de la tokenisation et l’interopérabilité. En effet, le 12 décembre, Backed Finance et Chainlink ont dévoilé xBridge, un pont permettant de transférer des actions tokenisées (xStocks) entre Ethereum et Solana via CCIP, tout en gérant des événements comme les splits d’actions et les dividendes.
Notons toutefois que LINK, historiquement reconnu pour son implémentation dans le secteur de la TradFi, est l’un des altcoins qui performe le moins.
Une situation paradoxale, démontrant qu’une mauvaise tokenomics et qu’une importante offre entre les mains de l’équipe influence directement à la baisse la dynamique d’un actif. Sous résistance autour des 15 dollars depuis octobre dernier, $LINK n’est pas prêt de repartir à la hausse d’ici les prochaines semaines.