Le marché crypto démarre cette deuxième semaine de janvier sur une note mitigée, tiraillé entre plusieurs facteurs.

Sur le plan macroéconomique, l’attention se porte sur les taux d’intérêt et les anticipations du marché, avec le FOMC prévu les 27 et 28 janvier comme rendez-vous majeur.

Sur le plan politique, la confiance est ébranlée depuis l’ouverture d’une enquête visant Jerome Powell. Le président de la Réserve fédérale y voit une pression à peine déguisée sur l’indépendance de l’institution.

À Washington, un autre dossier mobilise le secteur : la sénatrice Cynthia Lummis défend un projet de loi pour clarifier la responsabilité des développeurs crypto. L’objectif ? Éviter qu’ils soient considérés comme des intermédiaires financiers lorsqu’ils ne détiennent pas les fonds des utilisateurs. Une audition au Sénat est prévue cette semaine.

Enfin, la géopolitique pèse lourdement sur les marchés. Les tensions historiques avec l’Iran, la crise vénézuélienne et la guerre en Ukraine maintiennent un climat d’incertitude qui affecte les actifs risqués. Dans ce contexte, la crypto conserve sa volatilité caractéristique.

Capitalisation totale : un marché qui tient entre ses supports et résistances

La capitalisation totale gravite autour de 3 100 milliards de dollars, en légère hausse de 1% sur les dernières heures. Ce niveau n’a rien d’anodin : le marché parvient à résister, sans connaître une période d’expansion. Pour le moment, la zone de résistance des 3 200 milliards de dollars reste toujours d’actualité. Une situation qui tend à rendre impatient les investisseurs depuis le mois de novembre.

La première tendance que nous pouvons constater sur ces dernières semaines, c’est la concentration du marché sur les actifs les plus liquides où l’on retour bitcoin en premier range avec une dominance qui oscille toujours sous les 60 %. Avec la baisse d’intérêt pour les altcoins, l’écosystème se replie vers ce qu’il connaît le mieux quand la visibilité géopolitique et macroéconomique se réduit. La deuxième tendance à mettre en exergue, c’est l’ancrage des stablecoins, dont la capitalisation est actuellement de 307 milliards de dollars. Une véritable poche de liquidité qui est prête à se déployer sur les altcoins.

Cependant, pour que ces derniers puissent espérer retrouver d’anciens sommets, il manque encore une étape, la plus classique : un bitcoin qui se stabilise, puis qui cesse d’aspirer l’attention. Tant que les investisseurs douteront, la rotation reste incomplète. 

Durant les prochaines semaines, surveillez attentivement la dynamique du marché crypto. Toujours son range journalier, il n’y a rien à signaler pour le moment à ce sujet.

Temps mort du bitcoin à 90 000 dollars : et ensuite ? 

Bitcoin s’échange ce 13 janvier autour de 92 000 dollars, continuant d’osciller entre la borne haute et la borne basse du range, bien qu’il se retrouve désormais dans la partie supérieure du range, avec une probabilité accrue pour une sortie haussière.

Les derniers jours ont surtout mis en évidence un phénomène simple : la liquidité revient mais pas entièrement. Par ailleurs, les flux sur les fonds indiciels (ETF spot) ont alterné entre entrées et sorties depuis le 1er janvier, au point que les gains du tout début d’année ont été en grande partie effacés par des sorties survenues dans la foulée. 

Rien que sur la première semaine pleine de 2026, ce sont pas moins de 681 millions de dollars de flux sortants, expliquant l’incapacité pour bitcoin de s’engager sur des supports plus élevés.

Ainsi, ce contexte donne un marché très sensible aux niveaux techniques. Pour le moment, la zone des 90 000 dollars prend la forme d’un plancher psychologique qui tiendra tant que les vendeurs ne parviendront pas à imposer une accélération en direction des 85 000 dollars. 

Au-delà, les investisseurs ont les yeux rivés sur la zone des 95 000 à 96 000 dollars, puis le niveau psychologique des 100 000 dollars, davantage comme un test plutôt qu’un objectif final. L’enjeu n’est pas de gagner vite mais de prouver que la demande peut absorber les prises de profit sans reculer vers le sud à chaque rebond.

En arrière-plan, l’agenda politique pèse sur le dollar et sur les taux US. Le dossier Powell, parce qu’il touche à l’indépendance de la banque centrale, nourrit une nervosité qui dépasse largement la crypto. D’une certaine manière, c’est un paradoxe. Avec une politique qui paraît instable, la thèse du bitcoin attire, tout en étant fragilisée au regard de sa considération comme un actif risk-on.

Une reprise fragile pour ethereum autour des 3 000 dollars

Ethereum se maintient autour de 3 130 dollars, avec une volatilité plus contenue que bitcoin, mais une dynamique qui reste tout autant délicate.

Les flux sur les ETF spot suivent la même logique que sur bitcoin, mais en plus nerveux, car le marché est bien moins profond avec une historique plus faible. La première semaine pleine de 2026 fut, là aussi, marquée par des sorties nettes, estimées autour de 69 millions de dollars. 

Sur le graphique, les seuils sont plutôt clairs. La zone actuelle, en confluence avec l’EMA13/25, sert de repère à court terme. En dessous, le regard se porte vers 3 000 dollars, le dernier support avant un potentiel retour à 2 100 dollars. Pour une reprise en force, ethereum doit marquer une réinstallation durable au-delà de 3 300 dollars, afin d’obtenir un signal de reprise plus serein, surtout si cela s’accompagne d’un retour de la demande sur les véhicules d’investissement institutionnels.

Pour l’instant, la dynamique d’ethereum reste en attente de deux changements clés : une détente du climat macro, et un bitcoin suffisamment stable pour lui laisser de l’espace. Tant que ces deux changements n’auront pas lieu ensemble, ethereum peinera à remonter la pente et retrouver d’anciens supports, ce qui peut influer directement sur la dynamique des altcoins pour les prochains mois.

Jurgen

Jeune passionné des marchés financiers et particulièrement du monde de la cryptomonnaie, l'analyse technique et l'apprentissage font partie de ma routine pour créer du contenu abordable à tous.