Le 10 mars 2026, le réseau Bitcoin a franchi un cap historique : 20 millions de BTC ont été extraits sur les 21 millions prévus par le protocole. Il ne reste plus qu’un million d’unités à produire, et leur extraction prendra plus d’un siècle.
Comment fonctionne la rareté programmée du Bitcoin ?
Satoshi Nakamoto a gravé une règle simple dans le code du protocole Bitcoin : il n’existera jamais plus de 21 millions de Bitcoin. Pas un de plus. Aucune banque centrale, aucun gouvernement, aucun vote ne peut modifier ce plafond.
L’émission de nouveaux BTC suit un calendrier mathématique précis. Tous les 210 000 blocs (environ quatre ans), la récompense versée aux mineurs est divisée par deux. C’est le halving. En 2009, chaque bloc produisait 50 BTC. Après quatre halvings successifs, cette récompense est tombée à 3,125 BTC par bloc. Au prochain halving, prévu entre mars et avril 2028, elle passera à 1,5625 BTC.
Ce mécanisme produit un effet concret : chaque année, il faut plus d’énergie et de puissance de calcul pour extraire moins de Bitcoin. La difficulté de minage s’ajuste automatiquement tous les 2 016 blocs pour maintenir un rythme de production stable, quel que soit le nombre de machines connectées au réseau.
Contrairement aux monnaies traditionnelles, dont la masse en circulation dépend de décisions politiques et de la conjoncture économique, le Bitcoin suit une courbe d’émission connue à l’avance. Personne ne peut accélérer, ralentir ou modifier ce calendrier.
10 mars 2026 : ce qui s’est passé concrètement
Le 10 mars 2026, le pool de minage Foundry USA a ajouté le bloc 939 999 à la blockchain. Ce bloc contenait le 20 millionième Bitcoin jamais créé. Un cap symbolique autant que structurel : 95 % de l’offre totale est désormais en circulation.
Mais « en circulation » mérite une nuance. Sur les 20 millions de Bitcoin extraits, on estime que 3 à 4 millions sont définitivement perdus : clés privées oubliées, disques durs formatés, wallets inaccessibles. L’offre réellement disponible sur le marché est donc bien inférieure au chiffre affiché.
Résultat : sur les 21 millions de BTC prévus, il n’en reste probablement que 16 à 17 millions accessibles. Et il faudra encore plus d’un siècle pour extraire le dernier million.
Pourquoi ce dernier million change la donne ?
Ce cap des 20 millions de Bitcoin intervient dans un contexte où la demande institutionnelle n’a jamais été aussi forte.
La demande dépasse l’émission. Fonds de pension, trésoreries d’entreprise, ETF spot : les acheteurs institutionnels absorbent une part croissante des ~450 BTC produits chaque jour. Quand la demande quotidienne dépasse structurellement la production, chaque BTC vendu provient des réserves existantes, pas de l’émission.
Détenir un Bitcoin entier devient un privilège statistique. Avec environ 8 milliards d’habitants sur Terre et 16-17 millions de BTC accessibles, il est mathématiquement impossible que chaque millionnaire mondial possède ne serait-ce qu’un Bitcoin entier. Cette rareté n’est pas un argument marketing. C’est de l’arithmétique.
Les phases de compression préparent le terrain. Le marché Bitcoin fonctionne en cycles. Les périodes d’accumulation silencieuse, où le prix stagne ou recule, précèdent historiquement les phases de revalorisation. La rareté structurelle du Bitcoin amplifie ce phénomène à chaque nouveau cycle.
Le minage entre dans sa phase la plus exigeante
Pour les acteurs du minage, ce cap marque un tournant opérationnel. Avec une récompense de 3,125 BTC par bloc aujourd’hui, et 1,5625 BTC après le halving de 2028, la rentabilité repose de plus en plus sur trois facteurs :
- Le coût de l’énergie : Les mineurs rentables sont ceux qui accèdent à l’électricité la moins chère, souvent dans des régions où les énergies renouvelables produisent des surplus.
- L’efficacité du matériel : Les machines ASIC de dernière génération consomment moins par térahash produit. Choisir le bon équipement fait la différence entre un mineur profitable et un mineur à perte.
- Les frais de transaction : À mesure que la récompense de bloc diminue, les frais payés par les utilisateurs du réseau représentent une part croissante des revenus des mineurs. Sur le long terme, ces frais deviendront la seule source de rémunération.
Ce modèle n’est pas un problème. C’est exactement le plan prévu par le protocole depuis 2009. Le minage évolue d’une activité de production vers une activité de sécurisation du réseau, financée par ses utilisateurs.
Pour aller plus loin, nous avons publié une analyse complète sur l’avenir du minage de Bitcoin.
Ce que cette rareté signifie pour vous ?
La question n’est plus de savoir si le Bitcoin va devenir rare. C’est fait. La question est de savoir comment vous positionnez votre stratégie face à cette réalité.
Deux approches se complètent :
- Acheter du Bitcoin directement pour accumuler des unités avant que l’offre ne se contracte davantage. Le DCA (investissement programmé) reste la méthode la plus simple pour lisser la volatilité.
- Miner du Bitcoin pour en acquérir à un coût potentiellement inférieur au prix de marché, tout en participant à la sécurisation du réseau. La bonne stratégie dépend de votre situation et de votre horizon : nous avons détaillé cette comparaison dans notre article miner ou acheter du Bitcoin.
L’offre de Bitcoin est finie, transparente et prévisible. C’est l’un des rares actifs au monde dont vous connaissez à l’avance le rythme exact de production pour les 114 prochaines années.
Chez Feel Mining, nous accompagnons les particuliers et les entreprises dans l’acquisition et le minage de Bitcoin depuis 2018. Découvrez nos solutions pour vous positionner avant que le dernier million ne soit entièrement extrait.