Ces derniers jours, Bitcoin donne l’impression de marcher sur un fil. Après un passage sous le seuil psychologique des 90 000 dollars, le marché tente de se stabiliser, mais le timing est délicat. En effet, les investisseurs se tournent actuellement vers la prochaine réunion de la FED, se tenant le 28 janvier.

Pendant ce temps, les tensions géopolitiques ne ralentissent pas, bien au contraire, elles se consolident autour du Moyen-Orient, ce qui ne plaît pas vraiment aux marchés financiers. 

Dans un tel contexte, cela pose une période d’incertitude non négligeable pour les investisseurs, expliquant en partie la fluctuation à la baisse que le roi des cryptomonnaies a connu durant ces derniers jours. Couplé à une hausse des taux au Japon, les marchés se retrouvent dans une période où la liquidité se raréfie, les actifs risk-on deviennent moins attractifs, les institutionnels et banques centrales se tournant vers des valeures sûres, notamment l’or, ayant marqué un sommet à plus de 5 000 dollars très récemment.

La capitalisation totale du marché : une situation qui n’évolue pas depuis de nombreux mois

La capitalisation totale du marché des cryptomonnaies reste globalement au contact de la zone des 3 000 milliards de dollars, sans parvenir à enclencher une dynamique franche et durable. C’est un point important, puisque cela reflète un marché crypto qui tient malgré les tensions géopolitiques, mais qui est dans l’incapacité de rebondir et marquer une nouvelle phase d’expansion. 

À vrai dire, cette situation perdure depuis le mois de novembre. Le cours oscille entre la borne basse à 2 900 milliards de dollars et la borne haute autour des 3 200 milliards. Tant que le marché restera dans cette zone, tel qu’évoqué lors de nos précédentes analyses, il n’y aura pas de tendance déterminée pour la grande majorité des actifs.

Pour le moment, la capitalisation totale du marché se retrouve : 

  • Avec un faible rebond sur les supports actuels.
  • Sous l’EMA 13/25.
  • Incapable de reprendre la zone des 3 000 milliards de dollars.

Sans intervention rapide des investisseurs, un passage sous les 2 890 milliards de dollars pourrait ouvrir la voie à de nouveaux creux annuels, inférieurs à 2025.

Bitcoin consolide sa position et prolonge la latéralisation

De son côté, bitcoin reste bloqué dans une zone de consolidation sous les 90 000 dollars depuis quelques jours. Évoluant depuis le mois de novembre dans une période de latéralisation, l’échec d’un maintien à 90 000 dollars met en péril les espoirs des acheteurs d’un retour à plus de 100 000 dollars d’ici les prochaines semaines.

Mais au-delà du graphique, ce qu’il faut impérativement surveiller, c’est surtout la relation avec le dollar et les taux US. À l’approche de la décision de la Réserve fédérale, les investisseurs réévaluent en permanence leurs scénarios : que ce soit une baisse de taux plus tardive que prévu, le maintien d’une politique restrictive (ce qui n’est plus le cas depuis décembre), ou au contraire, le retour progressif d’un ton plus accommodant.

Dans ce contexte, Bitcoin se comporte comme l’actif à risque idéal. Avec l’incertitude actuelle, cela fait plusieurs mois qu’il peine à prendre une direction

Toutefois, sur le plan fondamental, rien n’indique un affaiblissement de l’écosystème : le réseau continu d’être utilisé, le réseau poursuit ses développements (notamment sur les solutions de paiement), et la thèse à long terme, orientée sur la rareté et la décentralisation, reste une référence et accélère les achats institutionnels.

Pour le moment, au-delà de faire preuve de patience, il n’y a pas grand chose à faire. Continuez de surveiller le range actuel, identifiez un retournement au-delà des moyennes mobiles 13 et 25 et réagissez en cas de réaction autour de la borne haute du range à 94 000 dollars.

L’institutionnalisation de bitcoin : le rôle crucial des ETFs

S’il y a bien une donnée à suivre sans se perdre dans une avalanche de chiffres, ce sont les flux entrants pour les ETFs spot portant sur bitcoin. Ces produits servent de passerelle entre la DeFi et le Web3. Idéal pour les investisseurs traditionnels, ou ceux qui sont frileux à l’idée de conserver soi-même les actifs, notamment dans un contexte où les kidnappings se multiplient en France. Lorsque les flux nets sont dans le vert, force est de constater l’influence positive sur le cours de BTC. 

Toutefois, en janvier, on a vu une séquence assez parlante : une période de sorties marquées et de légers retours sur les fins de semaines, comme si le secteur cherchait une zone d’équilibre, sans donner une tendance précise en la matière.

Ce va-et-vient est déterminant : il influence le rythme du marché crypto. Alors que les investisseurs particuliers peuvent créer des mouvements rapides, les institutionnels, eux, déterminent la dynamique de fond. Quand ils reviennent, la volatilité à la baisse peut se calmer et la tendance se construit plus proprement, comme cela fut le cas durant l’été dernier.

Avec un AUM qui dépasse à ce jour les 118 milliards de dollars en incluant tous les véhicules d’investissement, l’approbation de la SEC en 2024 a marqué une nouvelle étape pour le roi des cryptomonnaies. Toutefois, la dynamique est illisible en ce moment, ce qui complexifie la lecture du cours de BTC et la détermination du scénario le plus possible, ce qui invite bien évidemment à la prudence.

Avec une dominance qui oscille à ce jour autour des 60 % pour bitcoin, la hausse sur ethereum et les altcoins n’est pas pour tout de suite. Pour le moment, les réserves stratégiques se structurent autour de BTC, les institutionnels déploient de nouvelles demandes auprès de la SEC pour améliorer les véhicules d’investissement, le dernier en date étant BlackRock, proposant d’intégrer dans les rendements une partie de ce qui est obtenu avec $IBIT. 

Quoi qu’il en soit, la tendance à long terme n’a pas bougé. La question n’est pas de savoir si bitcoin formera de nouveaux sommets, mais à quel moment il y parviendra. La prochaine étape, c’est l’adoption étatique, ce qui reste très limité à ce jour.

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