Ethereum démarre octobre dans une situation paradoxale. Après son puissant rebond de la fin de l’été, ETH évolue autour de 2 700 dollars et peine à franchir durablement la zone des 2 800/3 000 dollars.
Néanmoins, les fondamentaux restent d’actualité : Ethereum concentre sur son réseau près de la moitié des stablecoins en circulation, demeure la principale infrastructure pour les actifs tokenisés (RWA, et progressivement la TCGfi) et poursuit progressivement sa roadmap.
Aujourd’hui, traitons ethereum sous un angle différent, en croisant la valorisation du réseau, la liquidité disponible et son impact quotidien dans la DeFi.
ETH/USD : une consolidation encore constructive
Tel qu’évoqué en introduction, évolue près des 2 700 dollars, pour une capitalisation qui dépasse les 330 milliards de dollars. Depuis son accélération de septembre, l’actif oscille principalement entre 2 600 et 2 800 dollars. Pour l’instant, cette phase de latéralisation ressemble davantage à un temps de pause qu’à une rupture de tendance.
Techniquement, la zone des 2 775 à 2 800 dollars constitue toujours la principale résistance (EMA200), puis le pivot juste au-dessus. Une clôture journalière nette au-dessus de 2 800 dollars, idéalement accompagnée d’un regain de volumes, ouvrirait la voie vers 2 900 dollars puis la zone psychologique des 3 000 dollars. Des seuils essentiels à flip pour espérer une reprise vers les précédents sommets.

À l’inverse, les 2 450 dollars forment un premier support.Une cassure de ce seuil fragiliserait la structure haussière observée depuis août. Le marché se trouve donc dans une zone d’équilibre : les acheteurs défendent les replis, mais n’ont pas encore assez de conviction pour provoquer un nouveau mouvement directionnel.
ETF et ETH/BTC : le signal reste mitigé
C’est lorsque l’on quitte le graphique ETH/USD que la situation devient plus nuancée. Le ratio ETH/BTC évolue autour de 0,0316 BTC, contre un peu plus de 0,0321 BTC à la fin du mois de septembre. Ethereum tient face au dollar, mais ne construit pas encore une véritable phase de surperformance face à Bitcoin.
Le même constat apparaît du côté des ETF spot américains. Après une période plus favorable en septembre, les véhicules d’investissement reposant sur Ethereum viennent d’enregistrer quatre séances consécutives de sorties nettes entre le 30 septembre et le 5 octobre. Au total, environ 171 millions de dollars sont sortis des ETF sur cette période.

Ce montant n’invalide pas la tendance de fond, mais il montre que l’appétit institutionnel reste irrégulier. Pour qu’Ethereum amorce une tendance haussières, deux confirmations seraient particulièrement intéressantes :
- Le retour de flux ETF positifs.
- Une reprise du ratio ETH/BTC.
Ces signaux seraient plus solides qu’un simple franchissement ponctuel des 2 800 dollars.
Ethereum reste au cœur de la finance on-chain
Le contraste avec les fondamentaux du réseau est particulièrement intéressant. Ethereum concentre environ 54 milliards de dollars de TVL à ce jour. Surtout, près de 150 milliards de dollars de stablecoins circulent sur le réseau, soit environ 47,6 % du marché mondial des stablecoins.

La domination est également visible sur les actifs tokenisés (real-world assets). D’après les données de DeFiLlama, Ethereum accueille près de 14 milliards de dollars de RWA actifs, sur environ 31,7 milliards à l’échelle de l’ensemble des blockchains. Cela représente environ 44 % du marché.
Ces données permettent de regarder ETH sous un autre angle. Ethereum n’est plus seulement une blockchain utilisée pour spéculer sur des tokens. Il devient progressivement une couche de règlement pour les stablecoins, la DeFi et les actifs financiers tokenisés. La question essentielle pour l’investisseur est désormais celle de la capture de valeur : dans quelle mesure cette activité croissante bénéficie-t-elle directement à ETH ?
À quoi s’attendre sur les prochains mois pour ETH ?
Ce 6 octobre marque également une nouvelle étape technique. Le testnet Sepolia doit activer Glamsterdam, la prochaine grande mise à niveau d’Ethereum après Fusaka. Parmi les changements testés figurent notamment une séparation plus poussée entre les rôles de proposition et de construction des blocs, des listes d’accès au niveau des blocs et une tarification du gas mieux adaptée au coût réel de l’exécution et de la croissance de l’écosystème.
En parallèle, ethereum reste techniquement en bonne position au-dessus de 2 600 dollars, mais le franchissement des 2 800 dollars ne suffira pas, à lui seul, à confirmer une nouvelle phase haussière.
Le signal le plus convaincant serait donc la convergence entre le retour des flux ETF, l’amélioration de la situation de la paire ETH/BTC et le maintien de l’activité économique du réseau. C’est précisément ce décalage entre un prix encore hésitant et des fondamentaux solides qui rend Ethereum intéressant à suivre sur les prochaines semaines.