Ce mercredi 15 avril, l’inquiétude reste de mise sur les marchés financiers. La nouvelle dégradation des relations géopolitiques au Moyen-Orient, marquée par des tensions autour des négociations et l’idée d’une ingérence américain sur le détroit d’Ormuz laisse planer le doute sur la résolution du conflit. 

Dans ce climat peu favorable aux actifs risk-on, les cryptomonnaies se retrouvent dans une posture intéressante.

Régulièrement critiqué pour sa volatilité, Bitcoin semble paradoxalement s’imposer comme une option de stabilité supplémentaire à travers les différentes classes d’actifs. 

Alors que le pétrole grimpe et que les devises fiat de certains pays tanguent, ce qui fut le cas récemment de la Turquie, l’obligeant à vendre son or, l’écosystème bitcoin préserve sa régularité. D’autant plus, cette résilience cache un transfert progressif de liquidités : le marché ne cherche plus la performance à tout prix, et gagne en maturité. Il cherche la survie, et pour l’instant, seul Bitcoin semble offrir les garanties nécessaires.

Capitalisation globale : Bitcoin consolide sa position de leader

La capitalisation totale du marché des cryptomonnaies stagne autour des 2 400 milliards de dollars, mais ce chiffre global est trompeur, malgré le rebond amorcé ces derniers jours.

Le marché continue de capituler sur les altcoins, et lorsque des crises géopolitiques prennent place, avec une liquidité plus rare, c’est tout naturellement le roi des cryptomonnaies qui se stabilise et sort du lot. 

En effet, la prime de risque accordée aux altcoins s’évapore et les investisseurs privilégient la force de l’écosystème bitcoin.  sécurité du réseau le plus sécurisé au monde. Cela apporte une vampirisation progressivement de la liquidité on-chain, notamment à l’encontre des projets DeFi, ce qui provoque quelques effets supplémentaires : 

  • Multiplication de «failles» dans les protocoles 
  • Abandon progressif de certains écosystèmes 
  • Fuite majeure des développeurs vers les derniers protocoles/blockchains robustes qui attirent.

De retour en tendance haussière sur l’échelle journalière, il conviendra de surveiller attentivement la zone des 2 600 milliards de dollars. Une franche cassure de ce pivot offrirait au marché une marge de manœuvre supplémentaire pour prendre la direction des 2 900 milliards de dollars.

Bitcoin se retrouve en bonne posture face à l’or et ethereum

L’analyse de la paire BTC/ETH est sans doute l’indicateur le plus frappant de ce mois d’avril (0,028BTC).

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Le ratio, qui continue de s’enfoncer (baisse de 28 % depuis août), illustre la difficulté d’Ethereum à maintenir son statut d’alternative dans un contexte moins favorable. Une dynamique qui conduit inéluctablement l’ensemble des altcoins sur de nouveaux creux, leur capitalisation étant en chute libre.

Le plus fascinant, c’est le ratio BTC/GOLD. L’or profite naturellement de l’escalade des tensions, mais le Bitcoin ne se laisse pas distancer. Mieux encore, il sur-performe légèrement le métal jaune depuis le mois de février.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le rapport de force entre Bitcoin et l’or physique s’est stabilisé à un ratio de 15, ce qui correspond aux seuils d’août 2023.. Le Bitcoin ne se contente plus de suivre l’or, il rivalise avec lui et renforce sa position d’actif de fond à hauteur de 3 voire 5 % dans des portefeuilles institutionnels..

Notons par ailleurs qu’avec un ratio ayant chuté aussi fortement, bitcoin devient bon marché. Cela offre un signal supplémentaire favorable à l’accumulation du bitcoin en ce moment même.

Par ailleurs, avec une capitalisation qui se maintient fermement dans le top 10 des actifs mondiaux, talonnant des géants comme l’argent métal ou les plus grandes valeurs comme Amazon ou Nvidia,  le Bitcoin n’est plus un petit actif spéculatif.

Flux institutionnels : Les ETF sont le meilleur levier à long terme

Pour gagner en précision dans la lecture des marchés, l’analyse des flux des ETF Bitcoin spot est une bonne stratégie.

En cette période de turbulences, les véhicules financiers sont devenus le baromètre ultime. Contrairement aux cycles précédents où les particuliers paniquaient au moindre bruit ou à la publication de certaines actualités, le marché gagne désormais en maturité et s’institutionnalise.

Les flux entrants dans les ETF gérés par BlackRock ou Fidelity restent stables, bien que les pics soient moins conséquents. Avec une demande limitée, nous assistons surtout à une alternance entre des flux nets dans le négatif, et d’autres journées où ils sont dans le positif.

Les institutionnels apportent progressivement une couverture structurelle et ils construisent une demande à long terme, offrant à Bitcoin des supports clés sous lesquels il risque de ne plus jamais chuter. 

BTC a-t-il ses chances de décoller dans les prochaines semaines ? Depuis notre analyse du 7 avril dernier, que nous vous invitons à consulter à nouveau, la situation de bitcoin s’est légèrement améliorée face au dollar.

La réponse réside dans la résolution de l’équation actuelle : d’un côté, la pression vendeuse liée au besoin de liquidité immédiate des marchés financiers ; de l’autre, une rareté technique absolue accentuée par la demande des ETF. 

Oscillant autour des 74 000 dollars, si le conflit en Iran montre le moindre signe d’apaisement, la pression accumulée pourrait propulser le cours vers de nouveaux sommets annuels.

Jurgen

Jeune passionné des marchés financiers et particulièrement du monde de la cryptomonnaie, l'analyse technique et l'apprentissage font partie de ma routine pour créer du contenu abordable à tous.